Défilement vertical : le mythe du rabat

par Éric Leblond    |    16 novembre 2007 à 05:19

La barre de défilement vertical (scroll bar) existe depuis que le fureteur est fureteur. Les internautes l’utilisent intuitivement. Pendant ce temps, les sites les plus influents du Web publient des pages longues comme ça. Pourtant, trois clients sur quatre me demandent encore de respecter les limites de la page écran. Étonnant, n’est-ce pas? Mais y a-t-il toujours lieu de s’inquiéter? Les contenus affichés sous le “rabat” de votre écran (bas de l’écran) sont-ils vraiment voués à pourrir dans l’indifférence?
Bien sûr que non.

La semaine dernière je regardais justement avec Michael les données de fréquentation d’un site récemment mis en ligne. Après deux jours d’exploitation, un concours placé en bas de page - oui, sous le rabat avec résolution de 1024 x 768 - avait déjà enregistré plus d’une cinquantaine d’inscriptions. Milissa Tarquini, directrice du design d’interface et de l’architecture informationnelle chez AOL a aussi fait des découvertes de ce type. Elle a d’ailleurs publié un article voué à détruire le “mythe du rabat” avec une série d’argumentaires fort à propos. Il est totalement faux selon elle de prétendre que les utilisateurs ne s’intéressent qu’au contenu qu’ils voient d’emblée à l’écran et ne se servent pas de la barre de défilement. Les études statistiques commandées par AOL montrent qu’un nombre fort appréciable d’internautes cliquent sur les liens situés tout au bas des pages du portail.

Toujours pas convaincus? Considérez ces quelques arguments et conseils :

La roulette! : une simple flexion de l’index vous propulse en bas de page. Magique, la petite roulette trônant sur votre souris. Avouez que le processus de défilement est soudainement moins laborieux, non?

Des contenus pertinents le sont aussi en bas de page : si les contenus de la page écran sont pertinents et agréables à consulter, le défilement de la page ne devient plus une option, mais une nécessité pour l’utilisateur.

Le rabat n’existe plus : l’idée est de suggérer à l’utilisateur qu’il se passe des choses intéressantes en bas de la page écran. Alors faites chevaucher vos contenus sur le rabat. Si vous cadrez vos éléments de haut de page pour qu’ils se terminent tous avant le rabat, vous risquez de dépendre un peu trop de la curiosité de vos internautes. Guidez-les!

Les contenus principaux? En haut, bien sûr! : ne faisons pas exprès, quand même. Sans craindre le défilement, assurez-vous de positionner les éléments cruciaux (identification et mission de l’organisme, alertes, message principal, etc.) en page écran.

Bien sûr, les contenus de bas de page ne seront jamais autant consultés que ceux situés plus haut. C’est une réalité immuable. Toutefois, se servir de cet argument pour limiter le nombre d’éléments d’information, alourdir la navigation ou encore limiter les possibilités de mise en page - conséquences possibles du choix de la page écran - est une grave erreur.

Alors défilons!


5 commentaires en réponse à ce billet

Philippe 17 novembre 2007 à 4:58

Cet article tombe à point nommé : on défile beaucoup en France en ce moment.

Blague à part, je viens de découvrir le blog en suite d’une recherche et je l’ai trouvé vos articles très intéressants et très pertinents.

Un abonné de plus qui salue les auteurs et les habitants de la Belle Province depuis Paris.
Bien à vous,
Philippe

Keven Bouchard 17 novembre 2007 à 11:31

Je suis parfaitement d’accord avec tout ce qui est dis plus haut et je suis content d’avoir plus d’arguments en faveur du défilement vertical. Si souvent j’ai du me battre avec le client pour expliquer que d’entrer un contenu faramineux dans un petit cube pour éviter le défilement vertical était une très mauvaise idée.

Certe, certain sites gagnent beaucoup à le faire, les sites d’artistes, portfolio ou bien tout site ayant un contenu maigre mais puissant.

Bref, merci pour cet article !

Hugo 19 novembre 2007 à 12:30

Un site avec une bonne récurrence de visiteurs ou de nature textuelle ne devraient effectivement plus se contraindre à n’exploiter que le haut de la page. D’ailleurs, un tour rapide des sites de médias grand public (quotidiens, portails “convergents”, etc.) est révélateur : le premier écran est consacré aux contenus les plus payants, mais on défile quand même longtemps.

Par contre, je dirais que le rabat existe toujours pour les sites ayant une fonction marketing plus importante, qui doivent faire bonne première impression sous peine d’abandon spontané (bounce) par des visiteurs en magasinage. Évidemment, ce ne sont pas vraiment de ces sites que Milissa Tarquini parle.

En d’autres mots, une fois qu’on a capté son intérêt, le lecteur est susceptible de défiler sans problème… Tant et si bien que certains sites se permettent même d’intercaler une grosse pub entre le premier paragraphe et le reste de d’un article (voir par exemple l’analyse de MSNBC dans ce texte de UX Magazine : http://www.uxmag.com/features/313/scylla-charybdis ).

Cela étant dit, pour les applications aux workflows le moindrement complexes, le premier écran demeure fondamental.

Amomenti » Blog Archive » Vous prenez l’ascenseur ? :: Stratégies web, permission marketing, marketing 2.0, promotion interactive, Référencement, SEO, Performance Marketing, expérience utilisateur, conception web 21 novembre 2007 à 10:52

[…] lire sur les bonnes fréquentations l’article d’Eric Leblond sur l’usage du “scrolling” dans une page web. L’article est notamment […]

Top 25 PME: position 25, Centres Dentaires Lapointe. — Les Bonnes Fréquentations 21 janvier 2008 à 12:56

[…] à cause du mythe de la page-écran, ils ont probablement menacé physiquement le développeur jusqu’à ce qu’il accepte […]

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