Avec la croissance du développement mobile, le lexique de l’industrie a lui aussi évolué. Cela a amené l’emploi de multiples expressions que même les spécialistes ont du mal à démêler.
Pour vous donner une idée du jargon ambiant, voici un petit tableau des expressions les plus communes, classées selon les 2 types principaux. (Si vous en connaissez d’autres n’hésitez pas à commenter et je tiendrai le tableau à jour.)
| Application Web | Application native |
| Web app, Webapp. | Native app |
| Browser App | Hybrid app (Application hybride) |
| Mobile friendly Web application |
Bonne nouvelle! Comme vous pouvez le constater, il n’existe en fait que deux grands types d’applications mobiles: l’application Web et l’application native.
Qu’est-ce qu’une application Web?
Elle se consulte par le biais d’un navigateur, et est produite avec des langages Web : HTML, CSS, JavaScript, etc. Elle peut donc être développée par une agence Web dotée des expertises standards, à un coût intéressant.
Elle est souvent confondue avec un site Web optimisé pour le mobile, qui est en fait un site informationnel dont la mise en page et la navigation sont adaptées aux écrans et au contexte d’utilisation des mobiles.
“Modern web pages are not pages, they are event-driven application through which information moves.”
Comme il est de plus en plus rare qu’un site soit produit sans qu’il y ait de fonctionnalités orientées selon des tâches à accomplir, la différence entre “l’application Web” et le “site Web optimisé pour le mobile” est de plus en plus mince.

Par exemple, le site Web mobile de l’Université Harvard a toutes les apparences d’une application native, mais est en fait un bon vieux site HTML dont on a choisi les contenus et fonctions et adapté la mise en page au mobile en faisant ainsi une application Web.
À noter : l’application Web ne peut pas utiliser toutes les fonctions des téléphones intelligents comme l’accéléromètre, la caméra, etc. Certaines de ces fonctions sont partiellement accessibles, d’autres sont réservée aux applications natives…
De plus, puisqu’il s’agit au fond d’un site Web, il est nécessaire d’y être connecté pour accéder à l’application. Attention, donc, aux contextes où le Web est difficilement accessible ou très onéreux à utiliser : tourisme, intérieur de bâtiments fortement isolés, transport en commun interurbain sans connection WiFi itinérante.
Qu’est-ce qu’une application native?
Comme n’importe logiciel, elle s’installe sur un appareil. Puisqu’elle est très liée au système d’exploitation de ce dernier, une version de l’application native doit être développée pour chaque plateforme pour utiliser au mieux les caractéristiques propres à chaque appareil : iPhone, Blackberry, Android, etc.
Elle utilise des langages plus spécialisés pour obtenir de bons résultats, elle doit dont être développée par une entreprise qui possède une expertise spécialisée. La rareté de cette main-d’oeuvre peut parfois amener des coûts de développement un peu plus élevés.
Son avantage le plus distinctif est de permettre aux utilisateurs d’utiliser toutes les fonctionnalités matérielles et avancées (carte graphique, caméra, micro, accéléromètre) et, par conséquent, d’offrir une expérience plus “riche” aux utilisateurs.
Autre avantage : comme elle est installée sur le mobile, il n’est pas nécessaire d’être connecté au Web (ou au réseau cellulaire) pour l’utiliser. (Bien sûr, si l’application utilise des données qui doivent être mises à jour en temps réelle (comme des nouvelles), elle ne pourra pas y accéder.)
Par contre, elle doit être distribuée par le biais de canaux rigidement contrôlés, comme le Apple Store pour le iPhone. Cela amène donc des contraintes pour ce qui peut y être fait, un délai d’approbation.
Vers un modèle hybride?
On peut prévoir que l’avancement des langages de programmation Web permettra bientôt aux applications Web d’être aussi performantes que les applications natives. L’écart entre les deux types d’applications diminue sans cesse, même si pour le moment les natives offrent des interactions plus riches.

Ultimement, tout ces termes ne seront que des référents chronologiques dans l’évolution de l’application mobile dont le modèle de développement risque de devenir unifié sous un concept hybride, permettant d’utiliser des langages de programmations légers tout en accédant aux fonctions avancés des appareils.
Vos besoins et ceux de vos clients guideront donc votre choix.
D’ici à ce que le modèle hybride s’améliore, les facteurs à considérer pour choisir entre application native ou Web sont :
- Le degré d’interaction requis;
- Le besoin d’accéder au Web ou à des données distantes pendant la session;
- L’utilisation des fonctions avancées (GPS, caméra, accéléromètre, etc);
- Le budget de développement;
- La sensibilité du contenu (approbation du Apple Store);
- L’étendue de la clientèle à atteindre.
Pour en savoir plus…
- Webmonkey : How Do Native Apps and Web Apps Compare ?
- Sergey Brin (Google) : Native Apps And Web Apps Will Converge In The Not-Too-Distant Future
- Web apps store de Apple
À propos de l'auteur...
Cumulant plusieurs expériences à titre de chargé de projets, conseiller et directeur Web, il est aussi initiateur des événements Web Camp Québec et du Web à Québec (WAQ) pour lesquels il travaille au rayonnement de l’industrie. Passionné du Web et des technologies, Jonathan a joint les rangs de Zengo en janvier 2011 à titre de conseiller en marketing électronique et mobile.



Très bon billet ! J’aimerais toutefois ajouter qu’il est possible de développer une application web tout en distribuant celle-ci sur les différentes plateformes (Apple Store, Android Market, etc.).
PhoneGap et Appcelerator sont des outils qui permettent cela. En rendant « native » une application web standard, il est possible d’accéder à l’accéléromètre, la caméra, le GPS et bien d’autres fonctionnalités normalement restreintes aux applications natives.
Tout dépendant de qu’est-ce qu’on veut accéder exactement, il faudra s’attendre à ajuster l’application en conséquence. Les plateformes visées détermineront l’ampleur des modifications à apporter. Voir ce lien : http://www.phonegap.com/features pour une liste des fonctionnalités offertes par PhoneGap par exemple.
Plus le temps avance, plus j’ai confiance qu’on verra de plus en plus d’applications web voir le jour. Les appareils mobiles dual-core sont déjà disponibles, ce qui rend l’utilisation beaucoup plus agréable. NVIDIA prévoit même que des tablettes quad-core seront disponibles vers la fin de l’été, et les téléphones vers fin 2011 début 2012.
Salut Pierre-Luc,
Merci de ton commentaire.
Ce que tu décris est le modèle hybride, le meilleur des deux mondes en ce moment. Le modèle hybride ultime permettrait l’utilisation du matériel sans la nécessité de passer par un store.
C’est le « tipping point » illustré sur le graphique de CEnriqueOrtiz. On y arrivera bientôt, j’en suis certain.
Concernant les fonctionnalités avancées : l’accès au GPS est déjà présent depuis longtemps sur les navigateurs web mobiles, l’accès à l’accéléromètre est arrivé depuis iOS 4.3.
Opéra à sorti un premier prototype d’Opera mobile avec accès à la caméra (en suivant les recos du WHATWG)… donc les APIs device arrivent sur le web mobile !! (voir aussi le groupe de travail DAP au W3C pour se donner une idée des travaux en cours côté normalisation)
Concernant les interactions et le design, le support des CSS 3D, la gestion des événements touch et des des gestures sur iOS permet de faire pas mal de choses : si vous allez sur http://www.oxxone.com depuis votre iPhone, votre iPad, c’est un exemple sympa qui montre ce que l’on peut faire aujourd’hui avec les technos web sur mobile.
Tout ça aussi grâce à la montée en puissance des frameworks de développement JavaScript comme le Wink toolkit (http://www.winktoolkit.org) ou Sencha.
Bonjour,
J’adhère totalement à l’approche hybride. C’est d’ailleurs ce que nous proposons avec la solution BkRender. La grosse différence avec Phone Gap, Sencha ou Titanium c’est que BkRender s’appuie essentiellement sur des technologies web : HTML, CSS3, JavaScript. Le développeur garde donc ces habitudes de développement (PHP, .Net….) Nous proposons (gratuitement) des coquilles natives pour tous les OS du marché sur notre site du support.