L’accessibilité en lien avec le Web est une notion d’un certain âge. Mais, pourtant, elle demeure peu connue et ne semble pas véritablement reconnue.
L’accessibilité consiste à garantir un accès à tous aux informations disponibles sur la toile, peu importe les outils utilisées et les handicaps de l’utilisateur, qu’ils soient visuels, cognitifs ou moteurs. De la même façon qu’il est entré dans les moeurs que tout édifice public doit être doté de rampes d’accès, d’ascenseurs et qu’on trouve des espaces réservés pour les personnes en chaises roulantes dans nos stationnements, il est justifié et même impératif de permettre à tout le monde l’accès à ce qui se trouve être l’outil le plus important de partage d’information: Internet.
Des solutions concrètes existent bel et bien. On n’a qu’à penser aux WCAG 1.0 (qui datent de 1999), une recommandation du W3C qui proposent plusieurs lignes directrices techniques ou éditoriales. Les WCAG 2.0 sont d’ailleurs en chantier.
Par exemple, dans le HTML, il est possible d’associer un texte descriptif à chaque image d’une page Web. Ainsi, la personne malvoyante qui consultera la page avec un lecteur d’écran, un logiciel qui “récite” à voix haute ce qui se trouve à l’écran, sera informée du contenu de l’image et pourra s’en faire une idée.
Certains gouvernements (mais pas le Québec ni le Canada) ont déjà légiféré à ce sujet et obligent les concepteurs de sites Web publics à respecter un certain niveau d’accessibilité. Cependant, on tarde à implanter l’accessibilité de façon systématique à tous les sites Web. C’est qu’elle a mauvaise presse. Elle est victime de toute sorte de mythes qui nuisent à son image.
L’article “10 raisons expliquant pourquoi les clients n’ont que faire de l’accessibilité ” explique bien les causes d’hésitation qu’éprouvent les différents partis impliqués dans un projet Web. On craint le plus souvent une augmentation substantielle des coûts de production de même qu’une complexité inutile, alors qu’en fait, l’accessibilité se résume la plupart du temps à l’application de règles simples et à l’utilisation du gros bon sens.
Ainsi, si les moyens existent, comment peut-on justifier de refuser l’accès au Web à une tranche non négligeable de la population? Même si ces moyens sont imparfaits, qu’ils impliquent des changements d’une certaine importance au niveau de la production et que le retour sur investissement ne puisse pas toujours être calculé en augmentation de revenus, je demeure persuadé que les efforts en valent la peine. Le respect des visiteurs, le gain de crédibilité, la standardisation des données et la participation à l’universalité du Web ne sont pas des avantages négligeables. Qui plus est, un site accessible est un site optimisé pour les moteurs de recherche.


Il y aura toujours les gens qui disent “Pourquoi passer plus de temps à développer quand seulement 1% de notre clientèle profitera de ce développement” ou encore “Pffft! Pourquoi développer des solutions pour les usagers qui n’ont pas Javascript d’activé dans leur navigateur? Tout le monde a Javascript!”
En espérant que ces gens lisent cet article, et les deux articles liés sur Pompage!
Comme exemple, en France, on estime à 20% la proportion de la population souffrant de déficiences visuelles (malvoyance, dyschromatopsies et cécité).