Le web et les PME: une vente difficile pour les grandes firmes

par Michael Carpentier    |    5 avril 2005 à 09:57

Les grandes entreprises de TI (IBM par exemple) font aujourd’hui le constat de leur incapacité à vendre des solutions web aux PME.

LaPresseAffaires.com - Nouvelles: Virage Internet: les PME canadiennes tardent

Est-ce en raison de leur trop grande taille, de leurs processus de production trop lourd, de leurs outils mal adaptés ou d’un ensemble de causes diverses? Peut-être aussi est-ce en raison d’une attitude trop “TI” et pas assez communicationnelle.

Ce qui manque dans cet article, c’est que plusieurs firmes de “pur web” tirent très bien leur épingle du jeu en offrant des services réellement adaptés aux besoins de PME. Je pense à des firmes comme ixmédia, xpub, lsw, Fjord au Canada. Que dire de tous les 37Signals et autres StopDesign aux États-Unis qui excellent ET sont rentables?

Alors quand j’entend que les PME du Québec sont en retard sur le web, j’ai plutôt l’impression que les grandes firmes ne savent simplement pas adapter leur modèle d’affaire en conséquence des réels besoins de leurs clients. À preuve, on parle ici de “systèmes”, un point de vue très TI, et non d’outils de communication. Cela démontre un écart de perception considérable entre les besoins des clients et l’offre des gros joueurs des TI au niveau du web.

Il est trop facile de blâmer le supposé retard des PME quand le réel problème se situe ailleurs: en tentant de revendre des solutions mal adaptées, conçues pour des usages très différents et selon un modèle d’affaires incompatible, les grandes firmes devraient plutôt réexaminer leurs offres de services plutôt que de mettre le tort sur les clients.

J’ai rencontré plusieurs dizaines de clients provenant de PME (dont plusieurs en bourse) au Québec au cours des dernières années et toujours le même constant revient: les grandes firmes ne comprennent pas le web, tentant de l’intégrer à leur modèle d’affaire généralement basé sur l’impartition de ressources plutôt que sur la livraison d’un service à forfait.

Les résultats sont généralement décevants et les clients, frustrés. Le modèle des firmes de communication n’est pas parfait mais réussit généralement mieux. Si seulement les firmes de communication faisaient toujours appel à des spécialistes du web pour les zones où elles sont moins confortables, je pense que les clients y trouveraient davantage leur compte et que le supposé écart entre les firmes québécoises et les autres se rétréciraient.

J’ai entendu un proverbe intéressant l’autre jour: “l’homme qui n’a qu’un marteau dans son coffre à outil ne peut concevoir les problèmes du monde qu’en terme de clous”.

Alors messieurs des TI, malgré tout le grand respect que j’ai pour vos compétences dans vos champs respectifs, il serait peut-être temps de comprendre que le web est un outil de communication avant d’être une plateforme technologique. Vous avez raison de vouloir revoir votre stratégie. Alors demandez de l’aide, et laissez-la vous guider avec un peu d’humilité…


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