La principale cause de l’échec des projets web

par Michael Carpentier    |    21 mars 2005 à 03:50

Dans une entrevue avec O’Reilly, Jason Fried (le président de 37Signals) parle en long et en large de leur produit vedette, BaseCamp, une solution de gestion de projet web.

Ce qui retient surtout mon attention, c’est ce passage:
Jason: Our baseline approach is this: project management is communication. Projects don’t fail from a lack of charts, graphs, tables, reports, stats, spreadsheets, and so on. Projects fail from a lack of simple two-way communication.

Ohhhhhhhh quelle parole de sage! Pour être moi-même utilisateur de Basecamp ET analyste sur différents dossiers où un tel outil n’est pas utilisé, je peux ajouter mes observations personnelles à cette citation.

C’est vrai que les projets n’échouent pas à cause d’un manque d’information. Ils échouent à cause d’un manque de communication à toute l’équipe de l’information, de malentendus, d’informations données à quelques uns mais pas à tous, de questions posées plus d’une fois qui obtiennent des réponses différentes selon les stades du projet.

Les projets échouent aussi à cause de la nécessité de faire évoluer le sacro-saint “cahier de charges” (aussi appelé Devis Fonctionnel), document mythique qui n’est pas lu par le client, pas mis à jour par l’analyste et sur lequel les développeurs ne posent pas de question. Le pire, c’est que c’est effectivement la faute de tout le monde et de personne en particulier.

BaseCamp peut donc fournir une réponse intéressante comme solution qui permet de tenir tout le monde au courant en même temps ET d’archiver toutes les questions/réponses depuis le début du projet. Suffit d’instaurer la discipline dans l’équipe pour l’utiliser mais c’est si simple et léger que ce n’est même pas douloureux, contrairement aux béhémoths comme Project qui demandent d’être nourris sans arrêt.

BaseCamp offre donc juste ce qu’il faut, sans être une usine à gaz dotée de 1001 possibilités que personne n’utilise mais qui encombre tout le monde.

O’Reilly Network: The Builders of Basecamp

Pour ceux qui l’ignorent encore, 37Signals est une firme de production de sites web très influente qui se spécialise dans les interfaces très simples, très efficaces et qui visent l’atteinte d’objectifs de communication, pas l’épate ni les solutions complexes aux problèmes simples. Et ils font école…


5 commentaires en réponse à ce billet

Carl-Frédéric De Celles 21 mars 2005 à 16:13

Ils font écoles, oui certainement. Le Building of BaseCamp à Seattle était une excellente conférence très inspirante (t’aurais dû y être!). À les regarder aller, je me demande cepandant si leur confiance et leur arrogance leur nuirra pas un de ces jours…

Michael Carpentier 21 mars 2005 à 16:49

J’aurais en effet voulu y être. Je pense d’ailleurs m’y rendre d’ici un an, si mes dispos le permettent.

Pour ce qui est de leur confiance, je crois qu’ils la méritent. De là à parler d’arrogance, j’apprécie le fait qu’ils fassent bouger les choses et animent les discussions. Je redoute surtout qu’ils cessent de se remettre en question comme ils l’ont fait pour leur secteur d’activité, ce qui leur a donné leur place au soleil.

Je n’ai pas eu la chance de les rencontrer en personne mais quand je lis ce qu’ils écrivent, autant sur le web que dans leur livre, je ne vois que du gros bon sens exprimé de manière “bon enfant”, pas encore de l’arrogance. Espérons qu’ils n’y viendront pas trop vite…

les z'ed 22 mars 2005 à 16:33

principales causes de l’échec des projets web

Dans son billet issue de la lecture d’une entrevue Jason Fried avec O’Reilly, La principale cause de l’échec des projets web Michael Carpentier note que “?les projets web échouent à cause d’un manque de communication à toute l’équipe de…

Burp 22 mars 2005 à 17:21

Il y a tout plein de belles vérités dans ton article, cher ex-collègue, ne serait-ce que pour avoir vécu avec toi les affres d’un projet où le manque de communication était flagrant. On ne misera jamais assez sur cet aspect, à mon avis. À ce titre, les gens de 37 Signals ne font rien d’extraordinaire; ils ne font tout simplement qu’appliquer et communiquer (avec succès) le Gros Bon Sens à leurs clients et aux membres de leur équipe.

Michael Carpentier 22 mars 2005 à 22:10

Éric, tu auras deviné de quel projet je me suis inspiré principalement. Par contre, c’est une constatation que je fais à chaque projet qui commence à déraper. Je pense aussi que c’est le gros bon sens qui devrait l’emporter, et que BaseCamp est un outil qui permet de le communiquer.

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